Presse

 

http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2012/04/01/discredit-sur-l-ecole-publique

Dépêche AEF n°159060
Paris, vendredi 2 décembre 2011, 16:54:49
Emilie LEGENDRE

 

« La République contre son école », un livre d’Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi

 « La mise à mort de l’école laïque est désormais enclenchée. Cet essai se veut un complément utile [au livre Main basse sur l'école publique] pour démontrer et décrypter le rôle joué […] par le recours de plus en plus fréquent à l’enseignement privé sous contrat, essentiellement confessionnel et à 96 % catholique », écrivent Eddy Khaldi, enseignant et militant syndicaliste et associatif et Muriel Fitoussi, journaliste spécialisée dans les sujets de politique et de société, dans le livre « La République contre son école » (1).

« L’enseignement privé sous contrat, par son mode de gestion entrepreneurial, sa logique contractuelle, ses pratiques de recrutement des élèves et des personnels, se prête complaisamment, en réalité, à un rôle de support expérimental, véritable catalyseur d’une privatisation en marche du service public d’éducation. Opération menée par l’État, qui a pourtant l’obligation constitutionnelle de l’organiser », déplorent les auteurs.

« DÉSENGAGEMENT PROGRAMMÉ » DE L’ÉTAT

« Luc Chatel, à qui est aujourd’hui confiée la charge de ce désengagement programmé, ose, sans vergogne, à l’occasion de l’une de ses désormais rituelles visites de rentrée dont il réserve le privilège à des établissements confessionnels, développer ce nouvel évangile : ‘On me dit que ça va tellement mal dans l’enseignement public que les Français seraient une majorité à mettre leurs enfants dans le privé. Je réponds que l’enseignement privé sous contrat fait partie du service public…’ » (AEF n°155471), rapportent les deux auteurs.

« Le ministre de l’Éducation n’est-il pas le premier responsable de cette présupposée débacle ? Ce constat iconoclaste, hors de toute mesure, interroge : cynisme incroyable ? Maladresse, peut-être calculée ? Quoi qu’il en soit, Luc Chatel résume et révèle ici avec limpidité, en deux petites phrases, la stratégie d’ensemble et les intentions actuelles de son ministère. Dans cet aveu, se lit, non plus entre les lignes mais dans le texte même, ce désengagement actuel de l’État envers son service public d’éducation et l’instrumentalisation libérale à laquelle participe l’enseignement catholique. »

« MISE EN ŒUVRE DES GRANDS PRINCIPES RÉPUBLICAINS »

Dans leur conclusion, Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi adressent un message à l’opposition : « La gauche, elle, ne saurait continuer, à moins d’abandonner les principes qui la fondent, à faire de l’électoralisme à courte vue et à ne pas voir, cachée derrière ce débat Public-privé, la privatisation rampante dans laquelle est en train de sombrer l’Éducation nationale, ni les risques encourus pour la laïcité de l’école et de la République. »

 « L’opposition a le devoir d’accomplir ce que l’on attend d’elle, à savoir, la mise en œuvre des grands principes républicains qui ont pour horizon une réelle égalité, et l’unification de la culture commune par la laïcité. Cette valeur universelle, et si fondamentale, destinée à intégrer toutes les diversités, par l’accès qu’elle rend possible, pour chaque citoyen en devenir, appréhendé comme libre et autonome, au développement et l’épanouissement individuel. Mais aussi, l’une n’étant pas exclusive de l’autre, par une meilleure préparation, à l’insertion dans le monde du travail. Avant que d’aborder le ‘quoi’ et le ‘comment’ enseigner, le politique a le devoir de s’interroger d’abord, sur le ‘pourquoi enseigner’, qui s’impose à la base d’un authentique débat citoyen sur l’éducation. »

 SUPPRIMER LE FINANCEMENT PUBLIC DE L’ENSEIGNEMENT PRIVÉ

« L’autre enjeu majeur actuel, pour le futur du vivre ensemble républicain, porte sur les conséquences d’une ‘laïcité positive’ qui dans les faits, tente d’aider la religion catholique à revenir dans l’espace institutionnel commun par le truchement du système éducatif », estiment Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi. « Or, la laïcité est bel et bien consubstantielle à l’idée d’État républicain. La séparation de l’État et de la religion, avec toutes les conséquences que ce principe imprescriptible implique sur les institutions, doit être préservée, et de façon plus impérieuse encore, qu’il s’agit ici d’éducation. L’on ne saurait tolérer une laïcité qui deviendrait ‘positive’ pour le seul enseignement catholique et dans le même temps ‘répressive’, pour la visibilité d’autres religions. »

« Dans les années qui viennent le devenir de l’école est en jeu. C’est aujourd’hui et maintenant, que l’école est l’enjeu d’un débat entre une conception républicaine de l’égalité des citoyens par la voie de l’universalité laïque, et une conception marchande issue de l’idéologie de la concurrence économique », affirment les deux auteurs. Aussi selon eux, puisque « les établissements d’enseignement privés épousent et incarnent, de par leur nature, une vision purement économique. C’est leur raison d’être, leur finalité. IIs souhaitent s’émanciper de la tutelle de l’État. Dès lors, il convient, par la suppression de leur financement public, de leur rendre cette ‘liberté’. »

1) « La République contre son école », Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi, éditions Demopolis, 2011, 336 pages – 21 euros. ISBN : 978-2-35457-034-7

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